Quand on vieillit, on regarde le chemin parcouru et on pense à celui qui reste à faire. Nous réfléchissons aux projets qui nous tiennent allumés et à ceux qu'on a toujours voulu réaliser. À cette intersection, on y arrive tous . Quand quelqu'un meurt, on dit qu'il s'est éteint. Mais bien qu'on soit tous des tamalous à l'occasion et que nos corps nous rappellent le temps qui passe, le danger c'est de s'éteindre avant de mourir...
Je vous ai parlé récemment ici des pommes de l'Île Nepawa et de l'histoire des Madelinots qui s'y sont installés en 1941-42. Il y a quelques années, Jeannine et Raymond, un couple de retraités, nous avaient permis de nous installer sur leur propriété de l'Île. Notre visite à cette Île du Lac Abitibi m'avait servi d'inspiration pour ma page d'arrière-plan de septembre 2025.
Depuis, ils ont transmis leur maison de l'Île à leur fille et, en janvier dernier, ma conjointe et moi sommes arrêtés les saluer dans leur logement de La Sarre. Cette seconde visite m'a inspiré de nouveau.
Que reste-t-il à faire lorsqu'on quitte son milieu pour se rapprocher des services requis par le nombre des années ou pour trouver un milieu de vie plus adapté à sa condition? Éteindre le fanal?
Composé d'une notaire et d'un électricien retraités, notre couple n'est certainement pas prêt de s'éteindre. Lors de notre visite inopinée, nous avons surpris Jeannine avec son sarrau taché de peinture: elle continue de se consacrer à ses toiles. Raymond, lui, m'a rappelé sa passion de l'écriture dont il m'avait parlé lors de ma visite à l'Île. Il m'a ouvert sa tablette sur de nombreux fichiers où chacun d'eux représente un texte de son cru. Il m'a soumis celui-ci qui m'a interpellé. Il continue d'écrire, lui qui n'avait jamais pensé qu'il en avait pourtant le talent.
«Chacun gère sa fougère» comme le disait la ministre Guilbeault. «Chacun son refrain» comme disait Jacques Michel. Et vous, quel est le combustible qui alimente la flamme de votre fanal?
N’éteins pas le fanal, je veux voir venir le temps
Je n’ai pas encore fini de conjuguer tous ces verbes employés,
Servant à décrire une vie d’espérance remplie de joie, de bonheur et d’amour.
Il reste encore tous ces chemins à parcourir pour apprécier:
Tous ces paysages à découvrir,
Toutes ces œuvres, créées par les artistes, à contempler,
Tous ces merveilleux instants à partager avec la famille et les amis,
Tous ces chef-d’œuvres réalisés par le génie humain,
Tous ces épisodes d’apprentissage procurant une satisfaction à meubler le cerveau,
Tous ces souvenirs à revisiter,
Tous ces moments de loisirs propices au bien-être,
Toute cette belle musique nous transportant vers des états de béatitude,
Tous ces occasions à ne rien faire favorables à la réflexion,
Toutes ces tâches stimulantes et parfois ennuyeuses de la vie courante,
Toutes ces beautés séduisantes du genre féminin attirant le regard.
Et en particulier dans notre patelin:
Toutes ces bienveillantes personnes toujours prêtes à rendre service,
Tous ces gens généreux se dévouant pour le bien-être de leur communauté.
Il reste encore de la place dans mon seau,
Je désire le remplir jusqu’à rebord.
Je t’en prie, n’éteins pas le fanal.
( Raymond Ouellet )
«N'éteins pas le fanal, je veux voir venir le temps» et «Je t'en prie, n'éteins pas le fanal». Entre les deux, tant de choses à voir et à faire... encore...
André Doré MON 1979 (Webmestre du REVER)